Romain Cabon, Confidences 

Paris, septembre 2009. Depuis les coulisses du Lido de Paris entre deux représentations de la revue « Bonheur » où je me produis avec grand plaisir, je me propose de vous livrer quelques unes de mes impressions, envies, mais aussi inquiétudes avant le nouveau grand rendez-vous qui m’est offert : le Festival International du cirque de Monte-Carlo en janvier 2009. 

Être sélectionné à Monaco relève du rêve, de l’utopie. Quoique… du travail, de la volonté, encore du travail, et l’on peut caresser l’impossible. L’impossible rêve du seigneur de la Mancha, Don Quichotte…

Du travail et des rencontres.

 


 

Ainsi toutes ces personnalités du monde du cirque qui depuis le début ont cru en moi, m’ont soutenu dans ma démarche, m’ont poussé vers les festivals. Et qui dit festival dit moment privilégié pour les grandes rencontres. Celle de monsieur Pilz, vice président du festival de Monte-Carlo et membre du jury du premier festival d’Izvesk en Russie, manifestation à laquelle j’ai participé en février 2008, via Alexander Ogurstsov, directeur artistique du cirque Nikouline et précédemment rencontré au festival de cirque de Massy en 2007. He oui, les enchaînements peuvent être rapides. Un prix à Massy, un prix à Izvesk, le circus awards 2007 best aerial act en Angleterre, couronneront ces rencontres… 2007 – 2008 de bien riches années. 

De retour de Russie, en mars, tout s’accélère, le comité d’organisation me contacte et moins de trois mois après  je signai le contrat pour ce festival… tant rêvé…

J’allais faire partie de la programmation 2009 à Monaco !

Ah ! Pour l’anecdote, la confirmation me fut faite par téléphone un certain… premier avril…

Tous ces instants sont bien gravés, ineffaçables. Vous le pensez-bien...  

Monaco, la référence. Monaco, le plus grand festival. Monaco, connu et reconnu dans le monde entier à l’image du festival de Cannes. Monaco, la grande vitrine !

A quelques mois de ce moment événement je ressens un mélange d’excitations et d’interrogations. D’éminents spécialistes m’ont sélectionné et attendent beaucoup de moi. Je mesure bien que je n’ai pas le droit de les décevoir, j’aurais même l’obligation de les surprendre encore plus.
Croyez-moi, je vais faire de ce privilège un moment d’exception pour tous. 

Depuis l’Angleterre et le Billy  Smart’s Circus, je me prépare à ce rendez-vous, à cette compétition.

Je m’entraîne inlassablement, je capitalise des expériences précédentes et notamment de mon passage en Russie. Je veux vraiment défendre au mieux ma place d’acrobate aérien dans l’arène monégasque. 

Le travail et l’obstination portent leurs fruits. Je réalise que je me suis fait non pas encore un nom mais une place dans la discipline du tissus aérien, et ce malgré l’explosion des numéros ces dernières années.

Si les hommes sont minoritaires à travailler cette discipline, ils ont une autre approche, marquent une différence, créant une attention particulière. Cela a sûrement joué en ma faveur.

Faire sa place est une chose, perdurer est une autre mais grandir est encore un autre challenge. C’est mon challenge. 

Deux ans déjà se sont écoulés depuis le festival de Massy. Je termine bientôt ma deuxième saison en Angleterre avec le Billy Smart’s Circus. J’y aurai vécu là ma première expérience de saison à l’étranger. En 2009 je rentrerai dans ma dixième année professionnelle. 

Quoiqu’il en soit le moment est bien choisi pour compétiter à Monaco.

Je me sens prêt, ce qui est déjà beaucoup.

A Monaco, tout doit être perfection, aussi je me suis attaché des services de Roberto Rosello pour le costume et de la collaboration d’une chorégraphe aérienne pour la fluidité des mouvements.

Je vous le dit, je veux renvoyer la meilleure image possible, et faire de ce show monégasque un tremplin pour le futur. 

La suite des événements pour cet horizon 2009 : plusieurs projets en cours, rien de définitivement signé. Une petite pause en février, Bayeux début mars à pour la 3eme édition de son festival. Auparavant, il y aura eu les galas de Noël avec le Medrano de Raoul Gibault. 

Lorsque je me projette quelques années en arrière et je dirais que mon parcours s’est construit au rythme d’expériences et de rencontres. Des premiers pas en maison pour tous, aux premiers conseils de Romuald Klissing, puis les rencontres de Désiré Rech, Raoul Gibault, l’école du cirque Annie Fratellini, la première grande tournée chez Médrano, les galas, le Lido à Paris, le Billy Smart’s Circus, Massy, la Russie …

Déjà tant de choses vécues. 

Comme je dis souvent et tout simplement, je fais mon petit bonhomme de chemin, chaque jour une nouvelle étape s’inscrit à cet itinéraire d’un artiste heureux ! 

Et même si j’évolue la tête dans les étoiles et pour rassurer mes amis et connaissances les plus proches qui jusqu’à maintenant m’ont toujours soutenu et encouragé, je compte bien rester les pieds sur terre.  

Le baptême du feu approche, le défi est lancé, rendez-vous en terre monégasque.

Couleur Cirque

Danseur de l'espace

La grâce et le talent réunis au cirque...

Le 33e Festival international du cirque de Monte-Carlo bat son plein avec 140 artistes sur piste. Rencontre avec l'un des deux Français engagés dans la compétition : Romain Cabon.

« On prend du plaisir et on donne du plaisir. Se retrouver sur la piste de Monte-Carlo, c'est un choc », déclare Romain Cabon qui a présenté son numéro de tissus aériens, samedi soir, au premier spectacle de sélection. Une nouvelle étape pour ce Breton de 28 ans qui a perçu sa vocation dès 8 ans, lors d'un stage d'initiation aux arts du cirque. Après quatre années passées à l'école d'Annie Fratellini où il s'est initié à toutes les bases, il s'est spécialisé dans cette discipline de suspension aux tissus, avec l'aide d'un professeur russe. Depuis dix ans, il présente son numéro aux quatre coins du monde, en version cabaret comme au Lido de Paris ou en version cirque. « Dans les cabarets, on est plus proche des gens, on n'est qu'à 5 m du sol. Sous un chapiteau de cirque, le numéro a plus d'amplitude. Ici, je suis à 14 m du sol », souligne ce jeune artiste qui assure quelque 500 représentations par an. Il était à Strasbourg en septembre 2005, avec Raoul Gibault et la tournée de Medrano. En février dernier, alors qu'il se produisait en Russie, il a été remarqué par Urs Piltz, directeur du festival de Monte-Carlo. L'envoi d'un DVD a convaincu ce dernier de l'intégrer dans l'actuelle programmation.

« Se démarquer des autres prestations »

 Son numéro a été peaufiné dans les moindres détails : « Il s'agit de se démarquer des autres prestations ». Romain a commencé par faire le choix d'une musique adaptée à son numéro et non l'inverse. « Carmine Meo » chantée par Emma Shapplin a des envolées lyriques qui se prêtent bien à la succession de figures où le jeune homme est suspendu par les bras ou les pieds, ainsi qu'aux clés où son corps s'enroule dans les deux pans de jersey. Le tout est décliné en bleu. Bleu des tissus, bleu de son costume dessiné par Roberto Rosselo qui conçoit les tenues pour Holiday on Ice et le cirque Arlette Gruss. Autant de critères matériels pour engendrer une « osmose » parfaite. Et son corps de s'enrouler dans les tissus, de s'ouvrir en croix sur le vide, de jouer sur l'effet de chute pour mieux planer. Six minutes 40 secondes pour séduire et le frisson du public qui le récompense d'une standing ovation. Encore que la princesse Stéphanie, présidente du festival, ses invités comme Robert Hossein et Julien Lepers, et les 4000 spectateurs se lèvent souvent pour saluer les exploits des artistes...Hier soir, Romain Cabon, lors de la remise officieuse des prix, était heureux : « La récompense est déjà acquise en étant ici. C'est la meilleure vitrine pour les contrats professionnels ».

D.E. Wirtz-Habermeyer

Cirque. Romain Cabon, artiste reconnu

Le cirque! Romain Cabon, ignore pourquoi, cette passion l'a attrapé. Il n'était alors qu'un «élève» parmi d'autres, à la MPT d'Ergué-Armel.

Depuis dix ans, enchaînant galas et tournées, l'artiste n'a guère chômé. En janvier, la consécration est venue. Franchissant les obstacles d'un rude concours, le Quimpérois s'est produit au prestigieux Festival du cirque de Monaco, devant plus de 4.000 spectateurs. Un succès! Un bonheur! «Parmi les 140 artistes retenus, nous n'étions que deux Français. Quelle joie lorsque j'ai appris ma sélection. Moi, le Breton, le Quimpérois, j'allais présenter devant un public connaisseur, ce numéro de «Tissus aérien» que j'ai mis tant d'années à perfectionner».

Cirque, revues

Depuis qu'il a quitté Quimper pour l'école Annie-Fratellini, Romain Cabon a bien travaillé: la danse, la chorégraphie, le cinéma et tant de choses qui lui ont permis de dompter, d'assouplir son corps. De cirque en cirque, aux noms souvent prestigieux, il a fait grandir son numéro, un exercice rare et risqué, peu pratiqué. Un air d'Emma Shaplin a tout déclenché. Au sol, l'artiste a inlassablement refait, sur cette musique, les gestes de son numéro. «Il faut être sûr de soi avant d'évoluer dans les cintres». Avec l'aide d'une costumière, il a choisi un tissu aux tons flatteurs, «sa perche de travail». Son costume assorti a complété le décor. Un beau jour, sûr de lui, il a «dansé» en haut du chapiteau. À Moscou, lors d'un concours, le vice président du Cirque de Monaco l'a remarqué. «Je souhaite recevoir votre DVD». Le Quimpérois, heureux, lui a fait parvenir le document. La suite, s'écrit en lettres d'or sur un programme. «Sélectionné! J'étais choisi, confie, encore ému Romain Cabon. Quel bonheur! Ce concours est l'équivalent du Festival de Cannes. Le monde du cirque s'y rend, les artistes espèrent tous y participer».

Loin de la terre bretonne

Deux trophées sont venus récompenser le jeune Quimpérois. Prestigieux comme ce trophée Louis-Merlin ou encore précieux comme cet autre «Prix des Amis du cirque monégasque». Après toutes ces émotions, Romain Cabon, a rejoint ses parents: «Je leur dois tant» et ses copains et tous ses amis de l'association Événement cirque. Durant quinze jours, il a vécu la vie d'un jeune homme ordinaire, s'est promené sur les plages, a vu des films. Mais les vacances s'achèvent, son programme à venir, très chargé, le conduira loin de la terre bretonne. Il caresse cependant un doux espoir, celui de se produire un beau soir, dans le cadre d'Événement cirque à Quimper. Ce n'est qu'une affaire de «volontés conjuguées», de désir, simple en fait. Alors, comme lui, comme Daniel Rolland, président de l'association quimpéroise, on espère.

Éliane Faucon-Dumont (Le Télégramme)

Cirque : Romain Cabon applaudi à Monte-Carlo

Le jeune artiste quimpérois revient récompensé du Festival international du cirque de Monte-Carlo. Retour sur expérience.

« Ça a été quinze jours extraordinaires », et on veut bien le croire, Romain Cabon. L'acrobate aérien quimpérois a été récompensé par deux prix au dernier Festival international du cirque de Monte-Carlo, le trophée Louis-Merlin et le prix de l'Association monégasque des amis du cirque, pour son spectacle de tissus aériens.

Pour résumer Monte-Carlo, crème des festivals circassiens : du 15 au 25 janvier, une soixantaine de spectacles, 140 artistes, 15 nationalités. Le jeune Breton reste humble devant la réussite : « La sélection est très rude. Je pense que la plus belle récompense est déjà de pouvoir y participer. Quand on a eu une standing ovation devant 4 000 spectateurs à Monaco, on peut se dire que l'on est arrivé à un but. C'est venu récompenser le travail que j'effectue depuis 10 ans. Mais je réalise seulement maintenant ce qu'il s'est passé. »

À 28 ans, une consécration pour Romain Cabon ? « Oui. Il y a encore pas mal de choses que je n'ai pas accomplies et j'ai d'autres projets en tête. Le Cirque d'Hiver, le plus grand cabaret du monde... Monte-Carlo me permettra, peut-être, d'y accéder. »

Le plus beau métier du monde

Il avoue avoir passé son enfance entre les chapiteaux et ménageries de passage. « C'est le plus beau métier du monde que de faire rêver les gens, surtout dans la conjoncture actuelle », sourit-il.

Jusqu'en novembre dernier, Romain travaillait en Angleterre avec le Billy Smart's Circus, cirque de renom outre-Manche. Après sa performance monégasque, l'artiste se réserve un congé sabbatique jusqu'au mois de mars. « Ça me permet de ne pas rester immergé dans un seul milieu, tout en gardant un entraînement régulier à la Quimpé. Ces gens me soutiennent et c'est peut-être ça aussi qui m'a permis de garder les pieds sur terre. » Important pour quelqu'un qui passe le reste de l'année la tête en l'air.

Entre représentations sous chapiteaux, à bord de paquebots ou encore au Lido, et peut-être même les 10 ans de l'association Événement Cirque, 2009 sera chargée pour Romain.

Ouest-France